#7 Un permis de construire !

Dans l’épisode précédent, nous avions soumis la demande de permis de construire. Ça devait prendre 3 mois… Ça en a pris 5 mois. Le 17 décembre 2018, nous avons reçu notre permis de construire !

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Pourquoi 5 mois ?

Contre toute attente, nous n’avons pas eu une seule remarque sur le fonctionnement de la maison. Nous n’avons pas de chauffage, nous auto-produisons 100% de notre électricité, et nous sommes 100% autonome en eau, mais ce qui a gêné, c’était la position de la cheminée, la pente de toit du couvert à voiture, et la longueur des places de parc visiteurs (sic) !

Nous étions préparé à nous défendre corps et âmes pour notre projet de maison en paille autonome, et nous avons été très surpris de voir que les demandes ne concernaient en rien le projet d’une manière générale, mais des détails classiques. Les détails nous ont quand même demandé un tour de plus dans le circuit administratif. Il faut aussi compter les vacances d’été, et un embouteillage administratif, et nous arrivons bien à 5 mois.

Il est raisonnable de se demander pourquoi nous n’avons pas remarqué ces détails, pourtant relativement évidents. En fait, nous étions tellement concentrés sur le fonctionnement de la maison et de valoriser chaque partie pour tous les services administratifs qui doivent traiter la demande de permis de construire, que nous avons oublié quelques lignes dans le réglement. Rien de grave somme toute, et c’était une surprise plutôt agréable ! La plupart des habitants de maisons autonomes qui nous ont précédé dans cette aventure ont vraiment peiné. Quel soulagement pour nous !

Bémol pour l’eau

Concernant notre vision de la gestion de l’eau, nous avons dû faire un compromis.

Eau claire

Commençons par le commencement. La maison n’est pas raccordée au service de distribution d’eau claire (eau potable). Toute l’eau que nous allons utiliser et consommer sera de l’eau de pluie, stockée dans deux cuves (pourquoi deux cuves ? pour éviter une propagation d’une potentielle infection).

Il est alors légitime de penser que nous ne devons pas payer la taxe de raccordement au service de distribution d’eau claire du coup ? Et bin non 😌. Nous allons devoir payer 70% de cette taxe. C’est une taxe unique, mais tout de même, elle s’élève à plus de 7000CHF de mémoire. L’argument est que le raccordement a été aménagé jusqu’à l’entrée du terrain. C’est un argument valable.

Durant les 5 mois d’études sur notre demande de permis de construire, la commune a demandé à ce que nous payions 100% de cette taxe. Mais leur propre réglement stipule bien que nous devons payer 70%. Notre explication est que nous traversons une belle année de sècheresse, et comme ils ne peuvent pas nous obliger à nous raccorder à l’eau, ils tentent de nous faire payer 100% de la taxe, et donc, nous pourrions finir par décider de nous raccorder. Ce ne sont que des suppositions, mais nous comprenons leur soucis. Nous désirons toutefois être autonome en eau.

Eaux grises et eaux usées

Le plan initial était d’installer deux bassins de phytoépuration pour traiter les eaux qui sortent de la maison, et de verser le tout dans une grande marre en bas du terrain. Le trop plein de la marre irait dans les eaux grises, c’est à dire un réseau d’eau séparé des égoûts : l’eau n’est pas sale, il faut juste la rediriger vers des rivières, des lacs etc. C’est typiquement un réseau d’eau utilisé par les eaux de drainage (les eaux qui ruissèlent du toit par exemple).

Ce plan a été refusé. L’argument principal était que si nous consommions certains médicaments, alors des substances seraient présentes dans nos urines, et qu’elles ne seraient pas efficacement filtrées par les bassins de phytoépuration, et que par conséquent, ces substances se retrouveraient dans les eaux grises au lieu des eaux usées. C’est un argument solide, et parfaitement légitime. La loi ne doit pas s’adapter au cas par cas : nous ne prenons aucun médicament de ce genre maintenant, mais la loi s’applique à tous les citoyens, c’est normal et heureusement. Notons que les stations d’épurations ne savent pas traiter ce type de substance non plus, mais ça n’est pas un argument.

Notre contre-proposition a été de définir deux réseaux d’eau dans la maison : un pour les toilettes —qui irait dans les eaux usées—, et un pour tout le reste —qui irait dans les eaux grises—. Techniquement possible, mais en Suisse, ce genre de projet coûte vite très cher. Et…

De toute façon, que nous utilisions les eaux usées ou pas, la maison doit obligatoirement être raccordée aux égoûts. Pourquoi ? Parce que nous devons payer la taxe sur le traitement de l’eau. Impossible d’y échapper. Il est difficile d’imposer la taxe à tout le monde, mais il est plus facile d’imposer d’être raccordé aux égoûts. Et si nous sommes raccordé, alors nous devons payer. Nos connaissances juridiques ne sont pas assez poussées, mais c’est ce qui nous a été expliqué, et nous considérons la source comme fiable.

Avec cette obligation de se raccorder aux égoûts, et donc de payer la taxe sur le traitement de l’eau, nous avons décider d’annuler les bassins de phytoépurations. La maison n’aura qu’un seul réseau d’eau qui ira entièrement dans les égoûts. Nous allons faire des économies, et nous reviendrons avec ce projet dans quelques années probablement.

À ceci il faut rappeler la contrainte du temps. Pour des raisons personnelles, nous devons construire la maison le plus vite possible : nous ne voulions pas bloquer l’obtention du permis de construire plus longtemps.

Et nous conservons les marres, mais…

Attention aux grenouilles !

La commune a quand même glissé une note (accrochez-vous, c’est du délire !) :

En cas de nuisances produites par des batraciens, les requérants entreprendont toutes mesures utiles afin de les éliminer. Le cas échéant, la Commune pourrait demander la suppression de l’étang.

Nous comprenons le besoin de se couvrir, mais sérieusement, des chiens en appartement font tellement plus de bruit, et toute l’année ! Oui, les batraciens se font entendre pendant la période de reproduction, une fois par année, pendant 4 à 5 jours, et la nuit. Mais l’aéroport militaire qui fait 3 à 4 décollages par jour doit certainement créer plus de gêne ! Bref. Ça nous a bien fait rire.

Dans tous les cas, si notre projet réussi à ramener une biodiversité telle qu’elle en devient gênante, ce sera pour nous une très grande fierté et une victoire !

Que retenir de la procédure administrative ?

La bonne nouvelle est que construire une maison en paille aujourd’hui n’est plus un problème pour l’administration. Elle semble au clair avec ce matériau, elle ne le découvre pas.

Si vous voulez construire une maison hors grille électrique et eau, c’est aussi possible.

Saluons quand même le préfet qui a vraiment débloquer le dossier à deux reprises. Nous avons grandement apprécié ! S’il nous lit, merci !

Alors, c’est parti ?

Nous espérons ! Que peut-il nous arriver maintenant ? La suite au prochain épisode !

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